Portabilité du numéro mobile refusée : saisir l'Arcep
Publié le 22 juillet 2026
Votre nouveau fournisseur refuse la portabilité de votre numéro mobile ? Découvrez comment faire valoir votre droit et saisir l'Arcep en cas de refus…
Portabilité du numéro mobile refusée : saisir l'Arcep
Vous changez d'opérateur télécom et vous souhaitez conserver votre numéro mobile ? C'est votre droit : la portabilité du numéro est garantie par la loi en France. Pourtant, certains opérateurs refusent, vous forçant à un nouveau numéro coûteux et perturbant. Si votre ancien opérateur ou le nouveau vous crée des obstacles, vous avez un recours clair : l'Arcep, l'autorité de régulation des communications électroniques. Voici comment faire valoir votre droit.
Votre droit à la portabilité : ce que dit la loi
La portabilité du numéro mobile est un droit fondamental du consommateur depuis plus d'une décennie en France. Quand vous changez d'opérateur, vous êtes en droit de conserver votre numéro de téléphone sans frais de portabilité supplémentaires (sauf mention spécifique dans votre contrat, et ce montant doit être raisonnable et justifié). Aucun opérateur, ni l'ancien ni le nouveau, ne peut vous l'interdire arbitrairement. Si on vous refuse cette portabilité, c'est une violation de vos droits de consommateur.
Motifs valides de refus (rare)
En pratique, très peu de motifs justifient un refus de portabilité. Le refus peut être légitime si : vous avez des impayés importants auprès de votre ancien opérateur (mais même là, une blockade complète est discutable) ; il existe une litispendance (un litige actif) ; ou des conditions contractuelles excédentaires non encore honorées. Cependant, un simple refus sec, sans justification détaillée, est un signal d'alerte. Les opérateurs qui refusent sans motif valable risquent des sanctions de l'Arcep.
La portabilité du numéro est encadrée par la directive européenne relative aux marchés de communications électroniques et sa transcription en droit français. Les opérateurs ont une obligation légale de la respecter.
Étapes pour obtenir votre portabilité
- Demande auprès du nouvel opérateur — lors de votre demande de migration, le nouvel opérateur doit lancer la procédure de portabilité. Demandez un délai standard : la portabilité intervient généralement sous 1 à 5 jours ouvrables.
- Mise en demeure de l'ancien opérateur — si l'ancien opérateur bloque, écrivez à son service client en recommandé, rappelant votre droit légal et fixant un délai précis (5 jours) pour la validation de la portabilité.
- Escalade vers le nouvel opérateur — si le nouvel opérateur n'arrive pas à débloquer la situation avec l'ancien, réclamez une prise en charge active du problème.
- Réclamation auprès de l'Arcep — si après 10 jours aucun progrès n'est fait, saisissez l'Arcep en ligne via son portail dédié.
Comment saisir l'Arcep ?
L'Arcep dispose d'un mécanisme simplifié pour les litiges de portabilité. Rendez-vous sur le site officiel de l'Arcep et utilisez le formulaire de réclamation. Joignez toute correspondance pertinente : confirmation de votre commande auprès du nouvel opérateur, réponses (ou absence de réponse) de l'ancien opérateur, et tout document justifiant que vous n'avez pas de motif de blocage valide (paiement de votre dernière facture, par exemple). L'Arcep traite ces dossiers en priorité : une réponse intervient généralement sous 2 à 4 semaines.
Dédommagement en cas de refus abusif
Si l'Arcep juge que le refus était abusif, elle peut ordonner à l'opérateur fautif d'exécuter la portabilité immédiatement et de vous dédommager pour tout préjudice (frais de nouvelles communications, gêne administrative, temps perdu). Le montant du dédommagement varie selon votre dossier, mais un refus manifeste et sans justification peut donner lieu à une indemnité significative.
Cas extrêmes : recours judiciaires
Si l'Arcep ne vous donne satisfaction ou si vous contestez sa décision, vous pouvez saisir le tribunal compétent. Cependant, dans la plupart des cas, une décision de l'Arcep suffît à débloquer la situation : les opérateurs ne tiennent pas à être sanctionnés par l'autorité de régulation. Un courrier formel adressé en recommandé à votre ancien opérateur, rappelant le fondement légal et la possibilité d'une saisine Arcep, suffit souvent à lever le blocage en quelques jours.
Votre numéro mobile vous appartient, et aucun opérateur ne peut vous l'interdire sans motif valide. Agissez méthodiquement : demande écrite, escalade progressive, et saisine de l'Arcep si nécessaire. Plimo vous aide à rédiger et envoyer le courrier de mise en demeure qui accentuera la pression sur l'opérateur fautif, tout en gardant une trace incontestable de votre démarche.