Remise gracieuse d'impôts : conditions et démarche 2026

Publié le 3 juillet 2026

Baisse de revenus, séparation, maladie : vous pouvez demander une remise gracieuse de vos impôts. Réponse sous 2 mois environ, le silence vaut rejet.

Toute personne confrontée à de réelles difficultés financières — perte d'emploi, baisse durable de revenus, séparation, maladie, décès du conjoint — peut demander une remise gracieuse de ses impôts directs, c'est-à-dire l'abandon total ou partiel de la somme due. La demande est gratuite, sans formalisme imposé, et repose sur l'article L. 247 du livre des procédures fiscales. L'administration répond en principe sous deux mois : passé ce délai, son silence vaut rejet. Point essentiel à connaître dès maintenant : déposer la demande n'interrompt pas automatiquement le recouvrement de l'impôt.

Remise gracieuse ou délai de paiement : deux leviers différents

La remise gracieuse consiste à demander l'abandon, total ou partiel, d'un impôt que vous ne contestez pas mais que vous ne pouvez pas payer. Le délai de paiement consiste à demander un étalement de la dette au comptable public, sans en réduire le montant. Les deux demandes ne s'excluent pas : vous pouvez solliciter un échelonnement immédiatement, tout en déposant une demande de remise. Et si votre désaccord porte sur le bien-fondé même de l'impôt (erreur de calcul, situation mal prise en compte), c'est une réclamation contentieuse qu'il faut déposer — une procédure distincte, avec ses propres délais.

Qui peut demander une remise gracieuse ?

Il n'existe pas de barème automatique : l'administration examine chaque dossier au cas par cas. Les situations le plus souvent prises en compte :

  • perte d'emploi ou baisse significative et durable des revenus ;
  • séparation ou divorce modifiant brutalement l'équilibre du foyer ;
  • maladie, invalidité ou accident entraînant des charges nouvelles ;
  • décès du conjoint ou d'un proche à charge ;
  • surendettement ou disproportion manifeste entre la dette fiscale et vos ressources réelles.

L'administration apprécie vos ressources, vos charges, votre patrimoine et votre comportement déclaratif habituel. La décision est discrétionnaire : la remise peut être totale, partielle, conditionnelle (par exemple subordonnée au paiement du solde) ou refusée.

Quels impôts sont concernés ?

La remise gracieuse porte sur les impôts directs : impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d'habitation sur les résidences secondaires notamment. Le montant principal d'impôts comme la TVA n'y est en principe pas éligible ; en revanche, les pénalités, majorations et intérêts de retard peuvent faire l'objet d'une remise pour la plupart des impositions. Vérifiez le périmètre exact en vigueur sur service-public.fr ou impots.gouv.fr.

La démarche pas à pas

  1. Rassemblez vos justificatifs : avis d'imposition visé, justificatifs de ressources (bulletins de salaire, attestation France Travail, pensions), charges (quittances de loyer, échéances de crédit, pensions versées) et pièces attestant l'événement invoqué (certificat médical, jugement, attestation de licenciement).
  2. Rédigez un courrier clair : identifiez l'impôt et l'année concernés, exposez précisément votre situation, chiffrez vos ressources et vos charges, et indiquez le cas échéant l'effort de paiement que vous pouvez consentir.
  3. Adressez la demande à votre centre des finances publiques (celui qui figure sur l'avis) : via la messagerie sécurisée de votre espace sur impots.gouv.fr, au guichet, ou par courrier — l'envoi en recommandé donne une date certaine, utile pour décompter le délai de réponse.
  4. Suivez le délai de réponse : en principe deux mois. Le silence gardé au-delà vaut décision implicite de rejet. Ce délai peut être porté à quatre mois pour les dossiers complexes, l'administration devant alors vous en informer.

Le point crucial : le recouvrement continue

La demande de remise gracieuse ne suspend pas le recouvrement : les relances, la majoration pour paiement tardif et, le cas échéant, les mesures de recouvrement forcé restent juridiquement possibles pendant l'instruction. Deux réflexes utiles : demander en parallèle un délai de paiement au comptable public en signalant la demande gracieuse en cours, et continuer à payer ce que vous pouvez. Un paiement partiel volontaire témoigne aussi de votre bonne foi.

En cas de rejet

Un rejet, explicite ou implicite, n'est pas nécessairement définitif. Vous pouvez déposer une nouvelle demande si votre situation a évolué ou si vous apportez des éléments nouveaux, ou saisir le conciliateur fiscal départemental, dont les coordonnées figurent sur impots.gouv.fr. Le médiateur des ministères économiques et financiers constitue un recours ultérieur possible.

Passer à l'action

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