Chargeback : remboursement par carte bancaire en 2026
Publié le 6 juillet 2026
Fraude, commande jamais livrée : la banque peut rejouer la transaction. Quand demander un chargeback, comment, et que faire si elle refuse à tort.
Le « chargeback », ou rétrofacturation, consiste à faire rejouer une transaction par carte bancaire en sens inverse : votre banque recrédite votre compte, puis se retourne contre la banque du commerçant. Deux fondements coexistent : le droit français, qui oblige votre banque à rembourser les opérations non autorisées (article L133-18 du code monétaire et financier), et les règles contractuelles des réseaux Visa et Mastercard, qui couvrent en plus certains cas de commerçant défaillant — commande jamais livrée, société en liquidation, abonnement prélevé après résiliation. Voici quand le demander, comment, et quoi faire si la banque refuse à tort.
Cas n°1 : l'opération non autorisée (fraude)
Un débit que vous n'avez jamais autorisé — numéro de carte détourné, achat en ligne inconnu, prélèvement après hameçonnage — relève du droit français. Après signalement, la banque doit rembourser l'opération, en principe immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvré suivant, et rétablir le compte dans l'état où il se serait trouvé sans le débit. Vous disposez de 13 mois après la date de débit pour contester (70 jours si le prestataire du bénéficiaire est situé hors de l'Espace économique européen). En cas de perte ou de vol de la carte avec utilisation du code secret avant opposition, une franchise de 50 € peut rester à votre charge ; en revanche, aucune franchise ne s'applique en principe lorsque la fraude a été commise sans vos dispositifs de sécurité personnalisés — le cas typique du numéro utilisé en ligne à votre insu. Exemple : trois débits de 160 €, soit 480 €, pour des achats que vous n'avez jamais effectués : opposition, signalement sur la plateforme Perceval (accessible via service-public.fr), puis contestation écrite auprès de la banque pour obtenir le remboursement des 480 €. Limite importante : la banque peut refuser si elle démontre une fraude de votre part ou une négligence grave, comme un code confié à un tiers.
Cas n°2 : le commerçant défaillant (règles Visa et Mastercard)
Une commande payée mais jamais livrée par un commerçant identifié n'est pas une opération « non autorisée » : c'est d'abord un litige avec le vendeur. Mais les règles des réseaux de cartes ouvrent des motifs de rétrofacturation : marchandise non reçue, service non rendu, société en faillite, débit récurrent après résiliation. Les délais usuels tournent souvent autour de 120 jours à compter de la transaction ou de la date de livraison prévue, selon le motif — ce sont des règles de réseau, susceptibles de varier selon votre carte. Gardez en tête qu'il s'agit d'une faculté contractuelle et non d'un droit garanti : le commerçant peut contester avec ses propres preuves, et la demande peut être rejetée.
Comment demander un chargeback, étape par étape
- Rassemblez les preuves : confirmation de commande, preuve de paiement, échanges avec le vendeur, suivi de livraison, captures d'écran du site ;
- Tentez d'abord une résolution avec le commerçant : les réseaux l'exigent souvent avant d'instruire ;
- Contactez votre banque par écrit — formulaire de contestation, messagerie de l'espace client ou courrier — en précisant le fondement : opération non autorisée, ou motif de réseau (marchandise non reçue, par exemple) ;
- Conservez une trace datée de votre demande ;
- Suivez le dossier : la banque transmet au réseau et le commerçant peut répliquer, ce qui allonge parfois l'instruction de plusieurs semaines.
Les limites à connaître
- Les virements et paiements hors carte ne relèvent pas des règles de réseau ;
- Les litiges de pure qualité (« produit décevant mais livré ») aboutissent rarement ;
- PayPal et les portefeuilles électroniques appliquent leurs propres procédures de litige, distinctes ;
- Un achat effectué et assumé, puis regretté, n'ouvre aucun droit à rétrofacturation.
Si la banque refuse à tort
Pour une opération non autorisée signalée dans les délais, le remboursement est une obligation légale, pas un geste commercial. Face à un refus non motivé par une fraude ou une négligence grave démontrée, structurez l'escalade : réclamation écrite au service client ; puis mise en demeure en recommandé citant l'article L133-18 et rappelant les dates et montants ; puis saisine gratuite du médiateur bancaire, dont les coordonnées figurent sur vos relevés ; enfin, le cas échéant, signalement à l'ACPR. Une demande formalisée par écrit avec accusé de réception oblige la banque à documenter et motiver sa position — ce qu'un échange téléphonique ne permet jamais d'établir.
Passer à l'action
Votre banque tarde ou refuse de rembourser un débit frauduleux ? Plimo prend en charge la démarche pour 39 € : mise en demeure générée à partir de votre situation et fondée sur les textes applicables, envoi en recommandé avec accusé de réception, suivi des délais, puis relance préparée si vous nous indiquez l'absence de réponse — jusqu'au dossier de saisine du médiateur bancaire si nécessaire.