Produit non conforme à l'annonce ou contrefaçon : deux litiges, deux démarches différentes

Publié le 7 juillet 2026

Produit non conforme ou contrefaçon : quelle démarche choisir ? Découvrez comment distinguer ces deux litiges et les étapes pour les résoudre.

Produit non conforme à l'annonce ou contrefaçon : deux litiges, deux démarches différentes

Pourquoi cette distinction change tout

Lorsqu'un produit reçu ne correspond pas à vos attentes, vous pensez naturellement à une "arnaque". Mais le droit français distingue deux situations très différentes : le produit non conforme à la description (ce que vous aviez commandé n'est pas ce que vous avez reçu) et le produit contrefait (une imitation d'une marque protégée). Cette distinction est décisive, car elle ouvre des recours juridiques différents et mobilise des délais, des documents et des interlocuteurs distincts.

Le produit non conforme : quand la marchandise ne correspond pas à l'annonce

Vous avez commandé un téléphone dernier modèle ; vous recevez une ancienne version. Vous avez acheté un meuble en bois massif ; vous découvrez qu'il est en aggloméré. Vous avez payé pour une robe de taille M ; elle en fait XL. Ces situations relèvent du défaut de conformité : le produit existe, mais ce n'est pas celui-ci que vous aviez commandé selon l'annonce affichée. Le Code de la consommation français vous donne un droit fondamental : exiger la conformité, sans délai compris généralement dans les deux ans suivant l'achat. Pour agir, rassemblez votre preuve de commande, une photo ou vidéo comparant le produit reçu à l'annonce, et tout échange de messages avec le vendeur. Si ce dernier refuse le remboursement ou l'échange après mise en demeure, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire ou solliciter une médiation de consommation.

Le produit contrefait : quand il imite une marque protégée

Vous avez reçu un sac portant le logo d'une grande marque, mais vous découvrez qu'il s'agit d'une imitation grossière : coutures défectueuses, matière différente, numérotation de série inexistante ou trop similaire à d'autres. C'est une contrefaçon. Elle constitue une infraction pénale (violation de brevet, droit d'auteur ou marque) et expose le vendeur à des poursuites bien plus sérieuses que le simple non-remboursement. Pour ces cas, vous avez deux portes : d'abord, demander un remboursement au vendeur en invoquant cette contrefaçon constatée (argument béton : il s'expose personnellement). Si la réponse traîne ou est négative, vous pouvez signaler le produit et le vendeur aux autorités de douanes (si importé) ou à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) si la marque est française ; ces institutions alimentent les enquêtes contre les contrefacteurs organisés.

Comment distinguer concretement lors de votre réclamation

Dans votre courrier ou votre communication au vendeur, posez la question de la légalité du produit lui-même, pas seulement de son état. Pour un produit non conforme, insistez sur l'écart entre la description et la réalité : "l'article commandé porte la référence X et devrait peser 500 g ; le produit reçu affiche la référence Y et ne pèse que 300 g". Pour une contrefaçon, soyez explicite : "le produit porte la marque [Marque] de manière non autorisée" ou "les éléments de sécurité, hologramme et numérotation ne correspondent pas aux standards officiels". Cette précision incite les vendeurs malhonnêtes à accélérer le remboursement, car une contrefaçon accusée expose à davantage de responsabilité légale qu'un simple défaut de conformité.

Les délais ne jouent pas de la même façon

Pour un non-conformité, vous bénéficiez en général d'un délai de deux ans pour agir. Pour une contrefaçon, si vous souhaitez saisir les douanes ou l'INPI, la urgence est plus grande : les documents à conserver (produit original, emballage, preuves d'achat) doivent être gardés en l'état, et un signalement précoce renforce la traçabilité du réseau de contrefacteurs. En pratique, ne tardez pas : agissez dans les trois mois suivant la découverte du problème, le temps que votre signalement soit utile aux autorités.

Générer et envoyer un courrier de mise en demeure qui distingue précisément ces deux situations, avec les arguments juridiques et les pièces justificatives qu'il faut annexer, représente une étape décisive pour que le vendeur prenne votre dossier au sérieux — un service comme Plimo peut vous aider à formaliser cette démarche et l'envoyer en recommandé, garantissant la date d'envoi et la traçabilité auprès du vendeur.