Pension alimentaire impayée : vos recours en 2026
Publié le 6 juillet 2026
Pension impayée : mise en demeure digne, ARIPA et recouvrement gratuit par la CAF, paiement direct, abandon de famille. Les recours, étape par étape.
Face à une pension alimentaire impayée, trois leviers principaux existent : la mise en demeure par lettre recommandée, la saisine de l'ARIPA — l'agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires, adossée à la CAF et à la MSA — qui peut en principe recouvrer gratuitement jusqu'à 24 mois d'arriérés, et les procédures d'exécution comme le paiement direct. Le défaut de paiement pendant plus de deux mois peut par ailleurs constituer un délit d'abandon de famille : un levier réel, mais à manier avec beaucoup de mesure lorsque l'autre parent reste le coparent de vos enfants. Voici comment agir, étape par étape.
Une situation fréquente, jamais anodine
Les pouvoirs publics évoquent régulièrement un ordre de grandeur de 30 % de pensions alimentaires payées irrégulièrement ou pas du tout. Derrière ce chiffre, des budgets familiaux fragilisés : une pension de 250 € par mois impayée pendant quatre mois, ce sont 1 000 € qui manquent pour le loyer, la cantine ou les vêtements des enfants. Et il y a presque toujours, en toile de fond, une relation de coparentalité à préserver, parce que les enfants sont au milieu. La bonne nouvelle : les recours existants permettent d'être ferme sur les sommes dues sans être agressif envers la personne.
Étape 1 : la mise en demeure, ferme et digne
Le premier acte utile est une mise en demeure envoyée en recommandé avec accusé de réception. Dans un contexte familial, une bonne mise en demeure n'accuse pas : elle constate. Elle rappelle le titre qui fixe la pension (jugement, convention de divorce, titre exécutoire délivré par la CAF), liste précisément les échéances manquées — par exemple mars, avril et mai, soit 750 € pour une pension de 250 € —, demande la régularisation sous un délai raisonnable de huit à quinze jours et indique sobrement les suites envisagées à défaut. Beaucoup de situations se dénouent à ce stade : un virement oublié, une difficulté passagère, un désaccord qui ne demandait qu'à être posé par écrit.
- À inclure : les références du jugement ou de la convention, le détail mois par mois des sommes dues, un RIB pour faciliter la régularisation.
- À éviter : les reproches personnels, les menaces disproportionnées, tout ce qui pourrait être relu un jour par un juge… ou par vos enfants.
Étape 2 : l'ARIPA, le recours gratuit à connaître
Si le courrier reste sans effet, l'ARIPA peut prendre le relais, gratuitement. En principe dès le premier mois d'impayé, tout parent créancier d'une pension fixée par un titre exécutoire peut la saisir via pension-alimentaire.caf.fr. L'agence peut recouvrer jusqu'à 24 mois d'arriérés en principe, en mobilisant si nécessaire des voies contraignantes (paiement direct auprès de l'employeur, saisie sur compte). Elle peut aussi mettre en place l'intermédiation financière : la pension transite alors chaque mois par la CAF, qui la collecte auprès du parent débiteur et vous la reverse — ce qui dépersonnalise durablement la question de l'argent entre vous. Nous détaillons son fonctionnement complet dans un guide dédié à l'ARIPA.
Étape 3 : le paiement direct par commissaire de justice
Autre voie : le paiement direct. Un commissaire de justice (ancien huissier) peut, en principe dès une échéance impayée, notifier la procédure à l'employeur ou à la banque du parent débiteur, qui verse alors la pension entre ses mains. La procédure couvre en principe les six derniers mois d'arriérés et les échéances à venir, et ses frais sont en principe à la charge du débiteur. Elle est particulièrement utile lorsque le débiteur a des revenus salariés identifiables.
L'abandon de famille : un délit, à manier avec discernement
Le code pénal (article 227-3) prévoit que le fait de ne pas s'acquitter intégralement d'une pension alimentaire pendant plus de deux mois constitue un délit d'abandon de famille, puni en principe de deux ans d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Ce levier existe, et il peut être légitime dans les situations de mauvaise volonté caractérisée. Mais une plainte pénale contre l'autre parent n'est jamais un acte neutre : elle pèse sur la coparentalité pour longtemps, et elle ne fait pas rentrer l'argent plus vite qu'un recouvrement bien mené. La plupart des praticiens la réservent aux cas où la mise en demeure, l'ARIPA et les voies d'exécution ont échoué. Pour une situation conflictuelle ou complexe, rapprochez-vous d'un avocat ou d'un point-justice (annuaire sur justice.fr), et appuyez-vous sur service-public.fr pour vérifier les conditions applicables à votre cas.
Passer à l'action
Tout commence par une mise en demeure datée et documentée : c'est elle qui établit officiellement l'impayé et sert de socle à toutes les étapes suivantes. Plimo pilote cette démarche pour 39 € : lettre de mise en demeure générée à partir des éléments que vous renseignez, ton ferme et respectueux, envoi en recommandé avec accusé de réception, suivi des délais, puis relance préparée si vous nous indiquez que la régularisation n'est pas intervenue. Vous gardez la main sur la relation ; nous tenons le calendrier.