Nuisances sonores d'un voisin : le propriétaire peut-il être mis en cause en tant que bailleur ?

Publié le 7 juillet 2026

Un bailleur peut être responsable des nuisances sonores de son locataire s'il ne prend pas les mesures nécessaires après mise en demeure.

Nuisances sonores d'un voisin : le propriétaire peut-il être mis en cause en tant que bailleur ?

La responsabilité du bailleur en cas de troubles de jouissance

Lorsqu'un locataire génère des nuisances sonores répétées (musique forte, bruits d'équipement, activités bruyantes), vous pouvez vous adresser directement au propriétaire-bailleur, et non uniquement au locataire. Le bailleur a l'obligation légale d'assurer la jouissance paisible du bien à tous les occupants de l'immeuble. Si des nuisances perturbent significativement cette jouissance, le propriétaire peut être tenu responsable, notamment s'il n'agit pas après en avoir été informé.

Les étapes avant une mise en demeure

Avant d'engager une action formelle, il est recommandé de documenter précisément les nuisances : dates, heures, nature du bruit, durée et impact sur votre quotidien. Une première approche consiste à signaler le trouble au locataire concerné par écrit (lettre recommandée), puis au syndic de copropriété s'il existe. Si ces démarches restent sans effet après un délai raisonnable (généralement 8 à 15 jours), vous pouvez alors adresser une mise en demeure au propriétaire lui-même, en rappelant son obligation de faire cesser le trouble et en lui accordant un délai pour agir (8 à 15 jours selon les cas).

Ce que doit contenir votre mise en demeure au bailleur

La mise en demeure doit préciser : la nature exacte des nuisances (musique, télévision, animaux, équipement de sport, etc.), le calendrier des incidents (dates, heures, fréquence), l'impact sur votre santé ou votre repos, les démarches déjà entreprises (tentatives de discussion, lettres au locataire ou au syndic), et le délai imparti au bailleur pour intervenir auprès de son locataire ou prendre les mesures appropriées. Vous pouvez demander au bailleur de rappeler au locataire ses obligations contractuelles de respecter le calme et la tranquillité, voire de résilier le bail si le trouble persiste et viole gravement les clauses locatives.

Les fondements légaux de cette démarche

Le droit français reconnaît le trouble anormal du voisinage comme motif d'action. Un propriétaire qui laisse son locataire troubler manifestement les voisins est responsable civilement de ce préjudice. Selon les dispositions du code civil et de la jurisprudence, le bailleur doit intervenir en cas de troubles graves et répétés. Les nuisances sonores excessives relèvent généralement du trouble anormal si elles dépassent ce qui est tolérable dans un immeuble d'habitation collectif.

Quand saisir les autorités parallèlement

Si les nuisances compromettent gravement votre santé (problèmes de sommeil chroniques, stress) ou si le bailleur refuse d'agir malgré votre mise en demeure, vous pouvez signaler le trouble à la gendarmerie ou à la police, qui peuvent intervenir notamment la nuit en cas de bruit excessif. Cette démarche administrative n'annule pas votre action civile auprès du bailleur, mais peut accélérer la prise de conscience du locataire. Vous conservez également la possibilité de saisir le tribunal de proximité ou judiciaire pour obtenir une ordonnance de cessation du trouble et une indemnisation du préjudice subi.

Un service comme Plimo vous aide à rédiger et envoyer en recommandé une mise en demeure formelle au propriétaire, en garantissant que tous les éléments probants sont correctement présentés et que votre demande bénéficie du statut de courrier officiel.