Expulsion illégale : quelles sont les étapes obligatoires qu'un bailleur doit respecter ?

Publié le 7 juillet 2026

Découvrez les étapes légales que doit respecter un bailleur pour expulser un locataire, et les recours possibles en cas de procédure irrégulière.

Expulsion illégale : quelles sont les étapes obligatoires qu'un bailleur doit respecter ?

Les motifs légitimes d'expulsion reconnus par la loi

Un bailleur ne peut engager une procédure d'expulsion que pour des raisons précises encadrées par le Code civil. Le non-paiement du loyer depuis plus de deux mois constitue le motif le plus fréquent. L'inexécution d'une obligation du bail (troubles de jouissance, logement insalubre, activités illégales) est également un fondement valide. La reprise du logement par le propriétaire pour y habiter lui-même, ou pour y loger un membre de sa famille proche, représente un autre cas admissible. Enfin, la non-reconduction du bail à son terme, pour cause de vente de l'immeuble, figure parmi les motifs légitimes. Tout motif en dehors de ces cadres rend la procédure d'expulsion illégale.

La mise en demeure préalable : une étape incontournable

Avant d'engager une action en justice, le bailleur doit adresser une mise en demeure au locataire, en général par voie d'huissier. Ce document formalise la demande et donne un délai au locataire pour régulariser sa situation (paiement du loyer impayé, cessation des troubles, etc.). Le délai dépend du motif : deux mois minimum pour le non-paiement, un mois pour les autres manquements. Cette étape est obligatoire ; son absence ou son irrégularité peut entraîner l'irrecevabilité de l'action en expulsion.

L'action en justice et la décision du tribunal

Une fois le délai de mise en demeure écoulé sans régularisation, le bailleur saisit le tribunal d'instance (ou le tribunal judiciaire selon les juridictions) pour obtenir un jugement d'expulsion. Le locataire bénéficie d'un droit de défense complet. Le jugement doit énoncer les raisons précises de l'expulsion et respecter les droits du locataire (délai de préavis, protection contre l'expulsion en période hivernale pour certaines catégories, par exemple). Une décision de justice n'est jamais immédiate ; le délai moyen varie de plusieurs mois.

L'exécution forcée : seul l'huissier peut intervenir

Une expulsion ne peut être mise à exécution que par un huissier de justice mandaté par le bailleur. Tout acte de force commis directement par le propriétaire ou par un tiers (fermeture du logement, retrait des biens, coupure des fluides) constitue une violation de la loi. L'huissier procède sous le contrôle du maire, qui peut suspendre l'exécution en cas de situations sociales fragiles (famille avec enfants mineurs, personnes âgées, etc.) et demander un délai de réflexion.

Les recours du locataire en cas de procédure irrégulière

Si le bailleur contourne ou franchit l'une de ces étapes légales, le locataire dispose de recours. Une absence de mise en demeure, une convocation au tribunal non respectueuse des délais, ou une exécution sans jugement justifient une action en responsabilité ou un appel de la décision. Une expulsion sans motif légitime, ou prononcée en méconnaissance des protections légales (notamment l'interdiction d'expulsion en hiver), peut être annulée. Le locataire peut également demander des dommages et intérêts pour préjudice moral ou matériel.

Comprendre ces étapes et les droits qu'elles protègent permet au locataire de s'organiser et de se défendre efficacement. Un service comme Plimo peut aider à rédiger et adresser la mise en demeure ou à préparer les courriers officiels nécessaires à la défense de vos intérêts dans cette procédure exigeante.