État des lieux de sortie contesté : que faire en 2026 ?
Publié le 3 juillet 2026
État des lieux de sortie contesté : comparaison avec l'entrée, vétusté, preuves et recours pour protéger votre dépôt de garantie.
Un état des lieux de sortie défavorable ne suffit pas, à lui seul, à priver un locataire de son dépôt de garantie. La loi prévoit que le bailleur ne peut retenir que les dégradations imputables au locataire : celles qui apparaissent à la sortie sans figurer à l'entrée, et qui ne relèvent pas de l'usure normale du logement. Autrement dit, tout se joue sur trois terrains : la comparaison ligne à ligne des deux états des lieux, la vétusté, et la qualité de vos preuves. Voici comment aborder chacun d'eux — et comment contester un document qui ne reflète pas la réalité.
La comparaison entrée/sortie, socle du litige
L'état des lieux d'entrée est votre document de référence. Une rayure sur le parquet mentionnée à l'entrée ne peut pas vous être reprochée à la sortie ; à l'inverse, une porte décrite « en bon état » à l'entrée et « percée » à la sortie pourra fonder une retenue. D'où l'importance de relire l'état des lieux d'entrée avant même le rendez-vous de sortie, pièce par pièce, pour repérer les mentions qui vous protègent.
En l'absence d'état des lieux d'entrée, la situation se retourne souvent contre le locataire : il est en principe présumé avoir reçu le logement en bon état (article 1731 du Code civil). Cette présomption tombe toutefois si vous démontrez que le bailleur a fait obstacle à l'établissement du document malgré votre demande. Les textes applicables sont détaillés sur service-public.fr.
Usure normale ou dégradation : la vétusté change tout
La vétusté, c'est l'usure liée au temps et à un usage normal du logement : une peinture qui ternit après plusieurs années, une moquette qui s'aplatit, des joints qui jaunissent. Elle reste à la charge du bailleur. Une dégradation, en revanche — une brûlure de cigarette, un trou dans une cloison, une tache indélébile — peut vous être imputée.
Un exemple chiffré avec une grille de vétusté
Les parties peuvent se référer à une grille de vétusté, par exemple celle annexée au bail ou une grille issue d'un accord collectif de location. Illustration : une grille prévoit pour les peintures une durée de vie théorique de 10 ans avec un abattement de 10 % par an. Les murs ont été repeints il y a 8 ans ; le bailleur produit un devis de remise en peinture de 1 200 €. Après abattement de 80 %, la somme imputable au locataire tombe en principe à 240 € — et encore, uniquement si une dégradation dépassant l'usure normale est constatée. Les chiffres varient d'une grille à l'autre : c'est un ordre de grandeur, pas une règle universelle.
Photos, réserves, témoignages : construire la preuve
- Photographiez tout le jour de la sortie (et idéalement à l'entrée) : pièces, sols, murs, équipements, compteurs, avec des clichés datés.
- Faites porter vos réserves sur le document : vous pouvez refuser de signer un état des lieux que vous jugez inexact, ou le signer en y ajoutant des observations précises.
- À l'entrée, pensez au délai de 10 jours : le locataire peut demander à compléter l'état des lieux d'entrée dans les 10 jours suivant sa réalisation, et pendant le premier mois de chauffe pour les équipements de chauffage.
- En cas de désaccord profond, un constat par commissaire de justice reste possible, à frais partagés lorsqu'il tient lieu d'état des lieux.
Ce que cela change pour votre dépôt de garantie
Si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, le bailleur doit en principe restituer le dépôt de garantie dans un délai d'un mois après la remise des clés. En cas de différences, le délai passe à deux mois, et chaque retenue doit être justifiée par des pièces : devis, factures, constats. La loi prévoit par ailleurs qu'à défaut de restitution dans les délais, le dépôt restant dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé. Les modalités exactes figurent sur service-public.fr.
Contester un état des lieux de sortie : la méthode
- Comparez les deux états des lieux point par point et listez les mentions que vous contestez.
- Demandez au bailleur les justificatifs de chaque retenue envisagée (devis ou factures).
- Adressez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en rappelant les textes applicables et en fixant un délai de réponse.
- Sans solution, saisissez la commission départementale de conciliation (gratuite) ou le juge des contentieux de la protection. Vous disposez en principe d'un délai de 3 ans pour agir.
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