État des lieux d'entrée vs de sortie : comment comparer pour justifier une retenue ?
Publié le 7 juillet 2026
Retenue de dépôt de garantie : comment confronter les états des lieux pour contester un décompte injustifié ?
État des lieux d'entrée vs de sortie : comment comparer pour justifier une retenue ?
Vous quittez votre logement et le bailleur retient une partie de votre dépôt de garantie. Avant de contester, il faut établir précisément ce qui a changé entre votre arrivée et votre départ. L'état des lieux d'entrée et celui de sortie sont vos seules preuves écrites. Savoir les comparer est essentiel pour déterminer si la retenue est légitime ou abusive.
Les trois composantes à confronter dans les états des lieux
Un état des lieux complet décrit trois éléments : l'état du bâti (murs, portes, fenêtres, revêtements), les installations fixes (chauffage, plomberie, électricité) et le mobilier éventuellement loué. Lors de la comparaison, vous devez vérifier point par point si une dégradation notée en sortie était déjà présente à l'entrée. Un trait sur le document d'entrée, même minime, invalide la retenue correspondante. Le bailleur doit être capable de prouver que le dommage est survenu durant votre occupation.
Distinguer l'usure normale de la dégradation imputable
La loi protège les locataires contre les retenues abusives. Une porte qui ferme moins bien après cinq ans, des joints de salle de bain ayant perdu leur teinte, une légère décoloration de la moquette : tout cela relève de l'usure normale. Le bailleur ne peut retenir que pour des dégâts manifestes (vitre cassée, mur peinturluré, sol endommagé). En confrontant les deux états des lieux, cette distinction devient objective. Si le document d'entrée mentionne déjà « léger jaunissement du plafond cuisine », vous ne devez pas payer pour un « jaunissement accru » en sortie sans preuve d'aggravation volontaire.
Vérifier l'absence de datation et de cotation
De nombreux états des lieux d'entrée omettent des détails visibles ou ne les décrivent qu'en termes vagues. Le bailleur peut alors prétendre que certains défauts ont surgi sous votre responsabilité. Relevez chaque point insuffisamment documenté à l'entrée. Si la porte d'entrée n'est pas décrite à l'entrée, le bailleur ne peut pas exiger un forfait de réparation en sortie. Exigez également que les deux états mentionnent les mêmes pièces, avec des descriptions comparables. Une divergence de format ou de structure rend la confrontation douteuse.
Les documents probants à rassembler pour contester
Au-delà des deux états des lieux, constituez un dossier solide : photos de votre visite de restitution des clés (avec date horodatée si possible), devis de réparation pour comparer les prix exigés, témoignages de proches présents lors des remises des clés, factures d'assurance habitation prouvant l'absence de sinistre, et tout mail du bailleur reconnaissant implicitement un défaut à l'entrée. Si vous avez signalé des réparations au cours du bail, gardez les traces écrites. Ces éléments cumulés renforcent votre position lors d'une contestation.
Les délais pour agir et les voies de recours
Vous disposez généralement d'un an à partir de la restitution du dépôt pour contester une retenue. Une mise en demeure adressée au bailleur par courrier recommandé demeure le premier pas, précisant les points contestés et citant l'état des lieux d'entrée. Si le bailleur refuse de négocier, une médiation ou un recours en justice peuvent suivre. La documentation comparative des deux états est déterminante devant un juge : elle démontre soit l'absence de fondement, soit l'exagération de la facture.
Une démarche de réclamation bien structurée, appuyée sur une confrontation méthodique des états des lieux, augmente significativement vos chances de récupérer les sommes retenues injustement—un service comme Plimo peut vous aider à formaliser et transmettre votre courrier de contestation au bailleur.