Coupure pour impayé pendant la trêve hivernale : ce que le fournisseur n'a pas le droit de faire

Publié le 7 juillet 2026

Entre novembre et mars, le fournisseur d'énergie ne peut pas couper votre électricité ou gaz pour dettes, même en cas d'impayé.

Coupure pour impayé pendant la trêve hivernale : ce que le fournisseur n'a pas le droit de faire

Chaque année, entre novembre et mars, une protection légale s'active pour les ménages en difficulté de paiement. Cette trêve hivernale interdit aux fournisseurs d'énergie (électricité, gaz naturel) de procéder à une coupure pour impayé, quelles que soient les relances adressées. Comprendre cette règle et connaître vos droits peut vous permettre d'agir si le fournisseur outrepasse cette interdiction.

L'interdiction stricte de coupure : un droit que le fournisseur ne peut pas contourner

Entre le 1er novembre et le 31 mars, aucune coupure d'énergie ne peut être effectuée au motif d'un impayé. Cette interdiction s'applique même si vous avez reçu plusieurs lettres de mise en demeure ou si votre dette est ancienne. Le fournisseur peut continuer à facturer les consommations, mettre en place des relances, mais il ne peut physiquement couper l'alimentation. Cette règle existe précisément parce que la privation de chauffage ou de lumière en hiver expose les personnes à des risques graves pour la santé et la sécurité.

Les documents et preuves à rassembler avant d'agir

Si une coupure a eu lieu durant cette période, reconstituez le dossier : relevez la date exacte de la coupure (factures, historique en ligne, déclaration de sinistre auprès du fournisseur), retrouvez la correspondance antérieure (mise en demeure, avis de paiement) pour prouver qu'aucun accord de délai de paiement n'avait été formalisé, et conservez toute photographie ou attestation du dysfonctionnement (absence de courant, situation du ménage avant rétablissement). Ces pièces forment le socle de votre demande de rétablissement et, le cas échéant, de réclamation.

Les recours immédiats : demande de rétablissement et signalement

Contactez directement le fournisseur par courrier recommandé pour demander le rétablissement immédiat du service en invoquant la trêve hivernale. Parallèlement, signalez cette coupure à votre médiateur de l'énergie (mediateur-energie.fr), organisme indépendant chargé de résoudre les litiges sans frais pour vous. Vous pouvez également contacter votre préfecture ou sous-préfecture, qui dispose de pouvoirs de contrainte sur le fournisseur, ainsi que votre mairie si des services sociaux peuvent intervenir. Ces signalements créent une trace officielle et accélèrent la mise en conformité du fournisseur.

Dommages et indemnités : quand le fournisseur doit réparer son préjudice

Au-delà du rétablissement, une coupure abusive pendant la trêve peut engager la responsabilité du fournisseur. Vous avez le droit de demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi (arrêt du chauffage, stress, gêne occasionnée, frais de déplacement pour trouver refuge). Pour documenter ce préjudice, énumérez précisément : la durée de la coupure, le contexte (enfants, personnes âgées au domicile), les frais engagés (hôtel, chauffage d'appoint loué), et toute conséquence sur la santé ou le confort. Le montant n'est pas légalement fixé d'avance — il dépend de la gravité et de la documentation apportée.

Face à une situation d'impayé d'énergie durant l'hiver, vous bénéficiez d'une protection incontournable ; la contourner expose le fournisseur à des litiges coûteux et à des sanctions. Rédiger et adresser un courrier recommandé au fournisseur pour réclamer l'application de ses obligations légales peut décanter le conflit plus vite qu'une escalade — un service comme Plimo peut vous aider à générer et envoyer ce type de courrier en quelques minutes.