Concessionnaire qui ne respecte pas la date de livraison : comment le mettre en demeure

Publié le 7 juillet 2026

Un concessionnaire qui dépasse la date de livraison promise expose sa responsabilité. Découvrez comment formaliser votre demande par mise en demeure.

Concessionnaire qui ne respecte pas la date de livraison : comment le mettre en demeure

Pourquoi la date de livraison est une obligation légale

Lors de la signature du bon de commande ou du devis, la date de livraison convenue n'est pas un engagement « au mieux » — c'est une obligation contractuelle que le concessionnaire doit respecter. Si le délai s'éternise sans raison majeure (rupture de stock du constructeur, grève), le professionnel peut être tenu responsable du préjudice qu'en découle : location d'un véhicule de remplacement, perte d'usage, frais engagés en attente de livraison. Le silence radio du concessionnaire et les relances orales laissent trop peu de traces pour agir efficacement. C'est pourquoi une mise en demeure écrite, envoyée en recommandé avec accusé de réception, est l'étape incontournable avant toute action judiciaire.

Les éléments à inclure dans votre mise en demeure

Votre courrier doit comporter : le numéro de bon de commande ou de devis, la date de livraison initialement convenue (notez le jour précis mentionné sur le document), la description du véhicule commandé (marque, modèle, couleur, immatriculation si elle a été prévue), et un rappel du délai déjà écoulé depuis le dépassement de la date promise. Demandez expressément une livraison dans un délai court et précis — généralement 7 à 14 jours à compter de la réception du courrier. Décrivez aussi le préjudice subie ou à venir (si vous aviez prévu un achat de pièces pour votre ancien véhicule, une revente planifiée, ou l'impossibilité d'utiliser la voiture pour un besoin professionnel), sans toutefois exagérer. Ces détails renforcent la sériosité de votre démarche et justifient votre demande de dommages-intérêts.

La mise en demeure : formulation et envoi

Adressez le courrier au concessionnaire par lettre recommandée avec accusé de réception — c'est la preuve que le professionnel a reçu formellement votre demande. Le ton doit être ferme mais courtois : mettez en demeure le concessionnaire de vous livrer le véhicule à la date que vous fixez, ou de vous proposer une date de livraison ferme par écrit dans les délais que vous imposez. Aucune menace ni langage agressif — la mise en demeure tire sa force de sa forme légale, pas de son agressivité. Conservez précieusement l'accusé de réception : c'est votre point de départ légal pour justifier que la mise en demeure a bien eu lieu et à quelle date.

Après la mise en demeure : les recours possibles

Si le concessionnaire ne répond pas ou ignore le délai qu'vous avez fixé, vous pourrez entamer une action en justice pour inexécution de contrat. Vous pouvez demander soit la livraison forcée du véhicule (mais cela ne dédommage pas les semaines perdues), soit la résolution du contrat (annulation de la vente) assortie du remboursement de votre acompte ou des sommes versées, soit enfin une indemnisation pour le préjudice subi. Avant d'engager un procès, certains concessionnaires, une fois confrontés au sérieux d'une mise en demeure officielle, accélèrent les démarches auprès du constructeur ou proposent un geste commercial (véhicule de courtoisie prolongé, bon d'entretien gratuit). Gardez une trace de tous ces échanges : des SMS aux e-mails, en passant par les appels téléphoniques que vous documentez par écrit ensuite.

Attention aux délais de prescription

Vous avez deux ans à compter du dépassement manifeste de la date convenue pour agir auprès d'un tribunal — ce délai court rapidement, surtout si le concessionnaire traîne ou repousse la livraison plusieurs fois. Envoyer la mise en demeure interrompt cette prescription et réinitialise les délais, ce qui vous laisse davantage de temps pour négocier ou préparer une action judiciaire. Franchir cette étape sans attendre au-delà de 18 mois est donc stratégiquement important.

Une mise en demeure bien rédigée et envoyée en recommandé transforme une frustration orale en acte juridique formel — c'est souvent ce qui pousse un concessionnaire à sortir de l'inaction. Un service comme Plimo peut vous aider à rédiger et envoyer ce courrier en parallèle de vos démarches personnelles, en garantissant que la forme légale soit respectée et que la preuve de transmission soit établie.