Charges récupérables : la liste complète que le propriétaire peut refacturer

Publié le 7 juillet 2026

Propriétaires, maîtrisez les charges que vous pouvez refacturer à vos locataires : impôts fonciers, entretien, copropriété.

Charges récupérables : la liste complète que le propriétaire peut refacturer

Lors d'une location, il est courant que le contrat de bail stipule quelles charges incombent au locataire. Cependant, la loi française n'autorise pas le propriétaire à refacturer toutes les dépenses liées au bien. Seules les charges récupérables peuvent être répercutées, et cette liste est encadrée pour protéger le locataire. Connaître précisément ces charges permet d'éviter les malentendus et les conflits liés à la régularisation.

Les taxes et impôts fonciers que vous pouvez refacturer

La taxe foncière est l'une des principales charges récupérables. Le propriétaire peut la répercuter intégralement auprès du locataire, sauf si le bail en stipule autrement. Cette règle s'applique aussi à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui dépend de la commune. En revanche, certains impôts demeurent à la charge du propriétaire : les droits de mutation, les frais d'agence immobilière ou les intérêts de prêt ne peuvent jamais être facturés au locataire, même en cas de bail commercial.

Les charges de copropriété et d'entretien

Si le bien est situé en immeuble collectif, les charges de copropriété peuvent être récupérées, notamment les cotisations annuelles au syndicat des copropriétaires. Cela inclut l'entretien des parties communes (escaliers, halls, toits), le nettoyage des espaces partagés et le chauffage collectif le cas échéant. Les travaux exceptionnels votés en assemblée générale (ravalement de façade, réfection de la toiture) peuvent aussi être partiellement répercutés si le bail l'autorise explicitement, sous certaines conditions de plafond.

Les assurances et petits travaux d'entretien

L'assurance multirisque habitation du propriétaire ne peut pas être refacturisée. En revanche, les frais de maintenance technique (réparation du chauffe-eau, entretien de la chaudière, remplacement des joints de plomberie) peuvent être considérés comme des charges d'entretien courant et récupérables, dès lors qu'il s'agit de préserver l'état du bien et non d'amélioration. Les contrats de maintenance (gaz, électricité) relèvent aussi de cette catégorie. Un distinction importante : les grosses rénovations ou améliorations (refonte électrique, remplacement des fenêtres) restent à la charge du propriétaire.

L'eau, l'électricité et le gaz collectifs

Lorsque le bien possède un compteur collectif (en immeuble ou en petit logement partagé), les frais d'eau, de gaz et d'électricité peuvent être refacturisés au prorata de la surface ou du nombre d'occupants, selon le mode de répartition prévu au bail. Cette pratique est courante en copropriété pour les parties communes et en colocation. Si le logement dispose d'un compteur individuel, le locataire paie directement le fournisseur et aucune charge n'est due au propriétaire à ce titre.

Ce que le propriétaire ne peut jamais refacturer

Certaines dépenses restent systématiquement à la charge du propriétaire : les gros travaux de structure (fondations, ossature), les remplacements de sanitaires ou de revêtements usés, les interventions liées à un vice caché ou à un défaut congénital du bien, et les frais administratifs ou juridiques engagés pour le compte du propriétaire. De même, les charges ayant trait à la vacance du logement (manque à gagner pendant les périodes entre deux locataires) ne peuvent jamais être imputées.

Établir une demande de régularisation de charges bien fondée en droit exige de vérifier chaque poste et de justifier les sommes demandées auprès du locataire. Un courrier clair et circonstancié, accompagné des justificatifs, réduit les risques de contestation et facilite le dialogue.