Le propriétaire peut-il résilier le bail faute d'attestation d'assurance habitation ?

Publié le 7 juillet 2026

La plupart des baux imposent l'assurance habitation au locataire ; l'absence d'attestation peut justifier une résiliation, mais selon des conditions précises.

Le propriétaire peut-il résilier le bail faute d'attestation d'assurance habitation ?

La loi impose au locataire de justifier une assurance habitation couvrant les risques locatifs. L'absence d'attestation constitue techniquement un manquement contractuel pouvant entraîner une résiliation, mais le propriétaire doit respecter une procédure stricte : mise en demeure préalable de régularisation, délai de rétractation, puis recours judiciaire en cas d'absence de régularisation. Une simple absence d'attestation ne suffit jamais seule à un congé ; le juge exigera des preuves d'une carence prolongée et d'une mise en demeure justifiée.

Les risques couverts par l'assurance habitation obligatoire

L'assurance doit couvrir les dommages causés par le locataire lui-même ou à la suite d'un événement l'affectant (incendie, dégâts des eaux, vol, bris de glace). Le propriétaire doit être assuré séparément pour les dommages causés à la structure du bâtiment. Cette distinction entre responsabilité locataire et structure-propriétaire est centrale : l'absence d'assurance du locataire ne couvre que sa part de responsabilité.

La mise en demeure préalable : une étape obligatoire

Avant toute résiliation, le propriétaire doit envoyer une mise en demeure écrite au locataire, en recommandé avec accusé de réception, lui accordant un délai de régularisation (généralement 1 à 2 mois selon la jurisprudence). Le courrier doit préciser la nature du manquement (absence d'attestation), les conditions de régularisation et les conséquences d'une inaction. Cette formalité est irremplaçable ; y contrevenir rend la résiliation caduque.

Quand le propriétaire peut vraiment résilier

Après l'expiration du délai de la mise en demeure sans régularisation, le propriétaire peut saisir le juge pour demander la résiliation. Le tribunal du logement apprécie si l'absence de régularisation est prolongée et caractérisée, et non pas une omission ponctuelle. Un délai de quelques jours oublié ne suffit pas ; c'est une situation établie qui importe.

Les recours du locataire en cas de démarche injustifiée

Si le propriétaire agit en résiliation sans mise en demeure préalable, ou en exploitant une assurance régularisée rapidement, le locataire peut contester la procédure auprès du tribunal. Une résiliation hâtive, motivée seulement par un oubli administratif, sera généralement rejetée par le juge.

Face à une telle démarche, documenter précisément la chronologie des demandes du propriétaire, de l'absence d'assurance et de la tentative de régularisation permet d'organiser une riposte fondée en droit. Un service comme Plimo peut aider à rédiger et envoyer le courrier de contestation par recommandé, en conservant les preuves d'envoi nécessaires au dossier.