Locataire qui reste après la fin du bail : quelles démarches pour le bailleur ?

Publié le 7 juillet 2026

Bail terminé mais locataire toujours présent : comprendre les recours du bailleur et les délais légaux pour agir.

Locataire qui reste après la fin du bail : quelles démarches pour le bailleur ?

Lorsqu'un bail d'habitation prend fin et que le locataire refuse de libérer les lieux ou ne part pas à la date convenue, le bailleur se trouve dans une situation délicate. Il ne peut pas simplement changer les serrures ou faire évacuer les affaires du locataire : la loi protège l'accès au logement et impose un cadre juridique strict. Comprendre les recours disponibles permet d'agir efficacement et dans le respect de la légalité.

Distinguer l'occupation sans droit ni titre et le maintien dans les lieux

La situation n'est pas la même selon que le locataire occupe les lieux sans plus aucun droit (bail expiré et absence de tacite reconduction) ou qu'il revendique un maintien dans les lieux. Dans le premier cas, on parle d'occupation « sans droit ni titre ». Dans le second, le locataire argue d'une continuité de bail ou conteste sa résiliation. Cette distinction est capitale, car elle détermine la procédure judiciaire à suivre. Une mise en demeure signifiée à huissier rappellera d'abord les faits objectifs (date de fin, non-renouvellement) et constatera l'occupation irrégulière.

La mise en demeure, premier acte obligatoire

Avant toute action en justice, le bailleur doit signifier une mise en demeure au locataire par voie d'huissier. Ce document officiel rappelle que le bail a pris fin, que le locataire doit libérer les lieux à une date précise (généralement sous 8 à 15 jours), et que l'occupation du logement au-delà de cette date constitue un trouble injustifié de la possession. La mise en demeure n'est pas qu'une formalité : elle marque le début du délai et documente l'intention du bailleur. Elle peut aussi suffire à motiver le départ du locataire, qui comprend alors qu'une procédure contentieuse suivra s'il ne s'exécute pas.

L'action en expulsion devant le tribunal judiciaire

Si le locataire ne quitte pas les lieux après la mise en demeure, le bailleur doit saisir le tribunal judiciaire compétent. L'action en expulsion (ou « action en revendication de possession ») vise à obtenir une ordonnance de justice forçant le départ. Cette procédure peut être simplifiée si le bailleur dispose de preuves claires (titre d'occupation terminé, absence de contestation du locataire sur la date de fin). Le jugement, une fois rendu, n'est pas immédiatement exécutoire : si le locataire ne s'y conforme pas, un huissier devra dresser un constat et enclencher la phase d'exécution forcée, qui peut prendre plusieurs semaines. Les délais globaux (mise en demeure + procédure + exécution) peuvent atteindre trois à quatre mois.

Protéger la propriété durant le contentieux

Pendant l'attente du jugement, le bailleur doit documenter tout dommage ou détérioration du logement. Prendre des photos régulières, consigner les dégradations et les gênes occasionnées aux voisins renforce le dossier. Si le locataire commet des violences, des menaces ou des actes de malveillance, ces incidents doivent être signalés à la police ou à la gendarmerie. Une plainte peut alors accompagner l'action civile en expulsion et justifier une exécution plus rapide.

Les cas particuliers : précarité du locataire et protections saisonnières

En hiver (du 1er novembre au 31 mars), la loi interdit l'exécution des expulsions pour un logement occupé à titre de résidence principale, sauf circonstances exceptionnelles. Si l'expulsion doit s'effectuer durant cette période, le juge peut l'ajourner jusqu'à la fin de l'hiver. De plus, si le locataire dispose de ressources très limitées, des aides à la réinsertion (garantie, caution, relogement) peuvent être mobilisées via des organismes sociaux, ralentissant mais aussi apaisani le contentieux.

Générer et envoyer en recommandé les courriers officiels (mise en demeure, mise en cause) exige de la rigueur dans les délais et les formulations légales. Un service comme Plimo peut vous aider à rédiger et à transmettre par courrier recommandé les documents qui structurent cette démarche, vous libérant ainsi du suivi administratif.