Dépôt de garantie et dégradations : que pouvez-vous retenir légalement ?

Publié le 7 juillet 2026

Quand un locataire cause des dégradations, vous pouvez retenir une partie du dépôt de garantie selon des règles précises et limitées par la loi.

Dépôt de garantie et dégradations : que pouvez-vous retenir légalement ?

En tant que bailleur, vous avez le droit de retenir une partie du dépôt de garantie en cas de dégradations locatives, mais seulement sous certaines conditions strictes. La loi encadre précisément ce que vous pouvez retenir et comment procéder, afin d'éviter tout litige ultérieur avec votre locataire.

Les trois catégories de dégradations déductibles

Vous ne pouvez retenir sur le dépôt de garantie que les coûts de réparation des dégradations imputables au locataire. La loi distingue trois cas :

  • Les dégradations locatives simples — rayures, trous de clous, petits impacts sur les murs ou portes, qui relèvent de l'usure normale corrigible. Les frais de reprise de peinture ou de petites réparations peuvent être retenus si elles dépassent l'usure normale.
  • Les dégradations de mobilier ou d'équipements — dommages à un volet, serrure cassée, vitre brisée, carrelage endommagé. Vous pouvez retenir le coût de remplacement ou de réparation, à condition de justifier que le bien était en bon état à l'entrée du locataire.
  • Les dégradations liées à un manquement au contrat — accumulation de saletés, absence d'entretien causant une détérioration, ou modifications non autorisées des lieux. Ces cas nécessitent une preuve solide que le locataire a volontairement négligé ou altéré le bien.

L'usure normale : ce que vous ne pouvez pas retenir

La loi considère que certains dommages relèvent de l'usure normale d'un logement occupé. Vous ne pouvez pas retenir du dépôt de garantie pour : un léger jaunissement des murs dû au temps, des micro-rayures sur les revêtements courants, de légères traces de circulation dans les couloirs ou cuisines, une serrure usée (sauf sabotage manifeste), ou des équipements vétustes dont la durée de vie normale est expirée. La distinction entre usure et dégradation est souvent litigieuse — c'est pourquoi documenter l'état des lieux initial et l'état des lieux final avec photos et descriptions précises est capital.

Les justificatifs obligatoires pour légitimer vos retenues

Pour retenir de l'argent sur le dépôt de garantie, vous devez envoyer au locataire un décompte détaillé, accompagné de justificatifs concrets. Chaque retenue requiert : une facture ou devis du professionnel qui a effectué la réparation, une photo de la dégradation (prise lors de l'état des lieux de sortie), une description précise du dommage et de son motif, et la date à laquelle la réparation a été effectuée. Sans ces preuves, le locataire peut contester votre demande, et vous risquez de devoir rembourser le montant litigieux majoré de dommages et intérêts.

Le délai et la procédure de restitution

Vous disposez de deux mois à partir de la remise des clés pour restituer le dépôt de garantie au locataire, en totalité ou avec un décompte des retenues. Passé ce délai, le locataire peut exiger la restitution intégrale avec intérêts de retard. Si vous ne respectez pas ce délai sans justification, vous risquez une condamnation à payer l'équivalent du dépôt en dommages et intérêts, en sus du remboursement lui-même.

Les recours en cas de désaccord

Si votre locataire conteste vos retenues, il peut saisir le tribunal d'instance (désormais tribunal judiciaire) ou, pour les petits montants, le juge de proximité. La charge de la preuve vous incombe : vous devez démontrer que la dégradation est effective, imputable au locataire, et que votre estimation tarifaire est justifiée. Une facture gonflée ou un devis sans comparaison de marché peut être rejeté par un juge.

Générer un courrier recommandé documentant vos retenues, avec calculs précis et justificatifs joints, solidifie votre position en cas de différend — Plimo peut vous aider à formaliser cette démarche et l'envoyer par la voie légale adéquate.