Colocataire qui ne paie pas sa part des charges : quels recours pour les autres colocataires ?

Publié le 7 juillet 2026

Rédigé par Équipe éditoriale PlimoSources et politique éditoriale

Si votre colocataire ne paie pas sa part des charges, plusieurs recours existent : mise en demeure écrite, action devant le tribunal judiciaire, fonds de garantie prévu par certains baux, ou résiliation selon les circonstances.

Colocataire qui ne paie pas sa part des charges : quels recours pour les autres colocataires ?

Si votre colocataire ne paie pas sa part des charges, vous pouvez d'abord lui adresser une mise en demeure écrite. Si le problème persiste, vous pouvez engager une action en justice pour récupérer les sommes dues, ou, selon votre contrat de bail et votre statut locataire, mobiliser un fonds de garantie. La résiliation du bail collectif reste aussi une option selon les circonstances et votre position contractuelle.

La mise en demeure : étape préalable indispensable

Avant toute action judiciaire, adressez une mise en demeure écrite au colocataire défaillant. Envoyez-la en recommandé avec accusé de réception pour disposer d'une preuve datée. Cette lettre doit préciser le montant exact dû, la période concernée, et un délai de paiement (généralement 15 à 30 jours). Elle constitue une preuve utile et démontre votre bonne foi si la situation aboutit devant un tribunal.

  1. Adresser une mise en demeure écrite — Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception au colocataire défaillant précisant le montant exact dû, la période concernée et un délai de paiement (généralement 15 à 30 jours).
  2. Saisir le tribunal judiciaire — Si le colocataire n'obtempère pas, engagez une action en justice pour le recouvrement. Justifiez la dette par le bail, les appels de charges et les preuves de non-paiement.
  3. Mettre en œuvre le jugement — Une fois le jugement rendu, engagez une procédure de recouvrement (saisie, avis à tiers détenteur) pour récupérer les sommes dues.
  4. Envisager la résiliation du bail — Si l'impayé persiste et que la cohabitation se détériore, engagez une procédure de résiliation pour motif légitime avec mise en demeure au bailleur.

L'action en justice : la procédure devant le tribunal judiciaire

Si le colocataire n'obtempère pas, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire, seul compétent pour ce litige civil né du bail. Depuis le 1er janvier 2020, il a intégré les contentieux locatifs autrefois traités par le tribunal d'instance, aujourd'hui du ressort du juge des contentieux de la protection. Le Conseil de prud'hommes n'a pas vocation à intervenir : il ne juge que les litiges entre un employeur et un salarié. Vous devrez justifier la dette par le bail, les appels de charges, et les preuves de non-paiement. Le jugement vous permettra ensuite de mettre en œuvre une procédure de recouvrement.

Le fonds de garantie et la solidarité des colocataires

Si votre situation contractuelle le prévoit, certains baux collectifs incluent un fonds de garantie alimenté par tous les colocataires pour couvrir les impayés. Vérifiez votre contrat : vous pouvez alors demander au gestionnaire ou à votre bailleur de débloquer des fonds pour compenser l'absence de paiement. Attention : cette ressource n'existe pas systématiquement et repose sur les dispositions du bail.

La résiliation du bail collectif : quand la cohabitation devient impossible

Si l'impayé persiste et que la cohabitation se détériore, vous pouvez engager une procédure de résiliation du bail pour motif légitime. Cela exige une mise en demeure au colocataire et au bailleur, une attente généralement de deux mois, puis une action auprès du tribunal si le bailleur ne réagit pas. Cette voie est radicale mais peut être nécessaire pour sortir d'une situation bloquée.

Pour formaliser votre mise en demeure avec rigueur et obtenir un courrier envoyé en recommandé, un service comme Plimo vous aide à générer le courrier approprié et à le faire parvenir officiellement à votre colocataire.

Sources : service-public.gouv.fr (compétence du tribunal judiciaire et du juge des contentieux de la protection pour les litiges liés au bail d'habitation) ; Légifrance (loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs ; code de l'organisation judiciaire).