Charges locatives 2026 : ce que votre bailleur peut exiger

Publié le 3 juillet 2026

Charges récupérables, décompte, justificatifs, prescription de 3 ans : vos droits face à une régularisation de charges locatives.

Votre bailleur ne peut vous refacturer que les charges figurant sur la liste limitative du décret n° 87-713 du 26 août 1987 — ni frais de gestion, ni gros travaux, ni assurance de l'immeuble. Au moment de la régularisation annuelle, la loi prévoit qu'il doit vous adresser un décompte par nature de charges un mois avant, tenir les justificatifs à votre disposition pendant six mois, et il ne peut rien réclamer au-delà de trois ans. Passons ces droits en revue, avec un exemple concret.

Charges récupérables : une liste limitative

Sont notamment récupérables auprès du locataire, en principe :

  • l'eau froide, l'eau chaude et le chauffage collectif (consommations, petit entretien) ;
  • l'électricité des parties communes ;
  • l'ascenseur : électricité, exploitation et petites réparations — mais pas son remplacement ni sa mise aux normes ;
  • l'entretien courant des parties communes et des espaces verts ;
  • la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ;
  • une partie de la rémunération du gardien ou de l'employé d'immeuble, selon les missions qu'il assure.

Restent en revanche à la charge du bailleur : les gros travaux (ravalement, réfection de toiture, remplacement de chaudière), les honoraires de gestion locative ou de syndic, l'assurance de l'immeuble, les mises aux normes. La liste complète est publiée sur legifrance.gouv.fr et résumée sur service-public.fr.

Régularisation annuelle : ce que le bailleur doit vous fournir

Un décompte détaillé, un mois avant

La régularisation compare les provisions versées aux dépenses réelles. Un mois avant, le bailleur doit vous communiquer un décompte par nature de charges (eau, ascenseur, ordures ménagères…) et, en immeuble collectif, le mode de répartition entre locataires. Une simple ligne « régularisation : 610 € » sur un avis d'échéance ne répond pas à cette exigence.

Des justificatifs consultables pendant six mois

À compter de l'envoi du décompte, les pièces justificatives — factures, contrats d'entretien, relevés — doivent être tenues à votre disposition dans des conditions normales pendant six mois. Vous pouvez demander à les consulter, et le bailleur peut transmettre certaines pièces à votre demande.

Une régularisation tardive peut être étalée

Si la régularisation n'intervient pas avant la fin de l'année civile suivant l'année d'exigibilité des charges, la loi prévoit que vous pouvez exiger un paiement échelonné sur douze mois. Exemple : des charges dues au titre de 2024 et régularisées seulement en mars 2026 ouvrent en principe droit à cet étalement — un complément de 610 € se règle alors par mensualités d'environ 51 €.

Le cas particulier du forfait de charges

En location meublée (et en colocation, sous conditions), le bail peut prévoir un forfait de charges au lieu de provisions. Dans ce cas, aucune régularisation n'est possible, ni dans un sens ni dans l'autre : le bailleur ne peut pas vous réclamer de complément en fin d'année, même si les dépenses réelles ont dépassé le forfait. Vérifiez donc d'abord ce que dit votre bail.

La prescription de trois ans joue dans les deux sens

Les actions liées aux charges se prescrivent en principe par trois ans. Concrètement, en juillet 2026, un bailleur ne peut plus réclamer de charges exigibles avant juillet 2023 — même s'il « découvre » un oubli plus ancien. Symétriquement, si vous constatez avoir trop versé (provisions excessives, charges non récupérables incluses), vous pouvez demander le remboursement sur la même période de trois ans.

Exemple chiffré : une régularisation à passer au crible

Vous versez 110 € de provisions mensuelles, soit 1 320 € sur l'année. Le bailleur réclame 610 € de complément, ce qui porterait les charges réelles à 1 930 € — une hausse de 46 % par rapport aux provisions. Quatre réflexes : le décompte par nature de charges vous a-t-il été adressé un mois avant ? L'écart est-il expliqué poste par poste ? Des dépenses non récupérables (ravalement, honoraires de syndic) figurent-elles dans le total ? Enfin, demandez la consultation des factures : une hausse importante ne se présume pas, elle se démontre.

Contester une régularisation, pas à pas

  1. Demandez par écrit le décompte détaillé et l'accès aux justificatifs.
  2. Pointez chaque poste au regard de la liste du décret de 1987 et vérifiez la période réclamée (prescription de trois ans).
  3. Adressez une contestation chiffrée par lettre recommandée avec accusé de réception, en réglant ce qui n'est pas contesté : continuez de payer votre loyer et vos provisions courantes.
  4. Sans accord, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement, puis le juge des contentieux de la protection.

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